Notre équipe de verriers associe quatre tempéraments et quatre techniques différentes. C'est une association de savoir-faire, liés par l'amitié, la confiance mutuelle, l'amour du verre et de ses métiers. Tous portés par le même besoin de liberté, attirés par la culture et l'esthétisme scandinave et le désir de créer, nous partageons la volonté de mutualiser nos compétences au sein d'un même atelier et de vivre une aventure humaine autour du verre. Nous souhaitons proposer une vaste gamme de produits complémentaires et de qualité tant au plan technique que du design. La recherche de la qualité, l'exigence, l'ambition et le rêve de pouvoir travailler sur nos propres projets/design, l'humour, le sérieux, la fête, l'amour... sont nos points de rencontre. Nous formons une équipe qui partage un rêve commun, celui de péréniser une activité indépendante et de vivre de notre metier d'artisanat d'art. Notre souhait est de faire de Fluïd une marque de produits verriers, reconnue en France comme à l'étranger. Gestion, création, design, entretien des machines, innovation... Nos compétences sont complémentaires et c'est le secret de notre travail-ensemble, elles sont utiles les unes aux autres.
Vitrailliste et décorateur sur verre
Fabien est apprenti vitrailliste en 1995 dès l'âge de 17 ans. Il est alors auprès d'un maître d'apprentissage intraitable, mais il persévère par fierté et amour du métier. Après 9 mois, il entre en contact avec les meilleurs ateliers de la région (Bretagne). Le courant passe avec Jean-Pierre le Bihan (Le Bihan Vitraux) chez lequel il conclut son apprentissage sur le chantier de la cathédrale de Quimper. Il obtient ainsi un CAP de vitrailliste, et un autre de décorateur sur verre.
Il découvre le CERFAV et Vannes-le-Châtel en Janvier 99 à l'occasion d'un regroupement d'apprentis. C'est le début d'une grande histoire qui le mène au Danemark. Au bout de trois mois, il est embauché à Baltic Sea Glass comme responsable de l'atelier de taille de vitrail et s'intègre progressivement dans l'atelier de soufflage. Après trois ans il s'établit à son mon compte comme vitrailliste. Cette expérience durera 4 années, durant lesquelles il réalise différents projets de vitraux, et offre ses services à plusieurs souffleurs et à un chaudronnier.
Il retourne en France à l'été 2006 et s'engage dans un projet collectif de création d'entreprise :
Fluid-création-verre dont il devient le gérant.
"Mon expérience professionnelle, ma maîtrise technique, mon ouverture aux projets de chacun, ma volonté de participer à une aventure commune, mon expérience de travailleur depuis l'âge de 15 ans qui a côtoyé de nombreux milieux sociaux et professionnels... sont mes atouts au service de Fluïd".
Souffleuse de verre
Stéphanie commence par un apprentissage de soufflage de verre dans une entreprise de Montpellier qui fabrique des lampes champignons, d'inspiration Gallé. Elle y apprend les bases de la technique du soufflage et le travail en équipe. Une expérience enrichissante qui à 19 ans, la dote d'une bonne carapace pour affronter le secteur et conforte son envie de créer son propre atelier de soufflage.
Son CAP en poche, elle décide de partir (grâce à une bourse Léonardo) avec Fabien, son compagnon, les Danois pour leur qualité de designer et parce que là-bas, ce sont principalement les femmes qui soufflent le verre. Immergée dans une nouvelle culture qui lui apporte beaucoup, elle y reste huit ans.
Dans un premier temps, elle travaille durant trois ans à Baltic Sea Glass, chez un couple Americano/Danois, qui réalise de la production d'objets utilitaires et décoratifs et de la pièce unique et renforce ainsi son bagage technique. Puis elle décide de postuler à la Glas og keramikskolen. C'est non sans une certaine fierté qu'elle y est la première française acceptée malgré un danois encore hésitant.
Dans cette école, elle découvre combien tout est possible avec le travail du verre et développe un style bien à elle, de travaille du verre intégrant de la dentelle. Elle y rencontre Theis et Pernille, les futurs associés de Fluïd. Stéphanie n'est pas arrivée par hasard au travail du verre. Le verre c'est une histoire de famille, de village... Stéphanie réalise des vases soufflés appelés "dessous chics" comprenant une ou deux couches de couleurs (overlay). Elle y intègre ses motifs (dentelle et pois) par sablage avec une technique très personnelle de préparation des pochoirs.
Souffleuse et tailleuse de verre
Pernille commence le travail du verre en 1998 après avoir entendu parlé d'une école en Suède (Kosta Boda), dans laquelle elle décide de postuler. À Kosta, elle découvre l'artisanat verrier, par la production de verres à vin et de petites pièces soufflées. Elle y apprend également la taille du verre et la fabrication à froid ainsi que le travail en équipe. Après trois années, elle décide de partir en Norvège pour travailler dans un atelier de soufflage appartenant à cinq souffleurs, ce qui lui apporte une expérience sur les techniques, les relations humaines, la gestion d'un atelier... En 2003, au Danemark elle travaille à Baltic Sea Glass, atelier qui réalise et de la production "hard core", et d'imposantes pièces uniques. C'est là, à Gudhjem (île de Bornholm), qu'elle rencontre Stéphanie et Fabien. À l'automne 2003, elle entre à la Glas og Keramikskole, également à Bornholm, pour apprendre le design et le développement d'idées et de projets autour du verre. Cette école offre des possibilités techniques extraordinaires, pour le soufflage et la taille, c'est là qu'elle rencontre Theis.
"Pendant cette période d'études, nous parlions tous les quatre de monter un atelier ensemble. D'abord pour rire, puis très sérieusement. Nous pensons qu'il y a une bonne énergie créatrice et une bonne émulation entre nous. Nos rêves se ressemblent."
Au niveau technique, elle donne la priorité au verre soufflé ou sculptural, avec détails taillés où la finition des pièces joue un rôle primordial.
Son inspiration se nourrit de la nature, de la bande dessinée, de la ville, de la musique, des robes de grand-mère...
Souffleur et prototypeur
Theis commence l'exploration du verre en 2000, à l'école Skælskør. Très vite fasciné par le verre chaud, il passe un an à l'école de verre Engelsholm, où il apprend le soufflage. C'est là qu'il entend parler de la Glas Og Keramikskolen à Nexø, et décide de se préparer afin d'y être admis. Il y acquiert une large connaissance du monde du verre. Après ces études, il travaille un an pour des souffleurs norvégiens puis il revient sur l'île de Bornholm et travaille 2 ans dans un atelier de verre à Gudhjem, pendant que Pernille finit ses études à la Glas og Keramikskolen.
Depuis décembre 2007, il participe à la préparation de Fluïd, en fabricant les outils de verriers dans l'atelier familial, sur l'île de Copenhague.
"Je travaille surtout avec le verre chaud. Pour moi c'est surtout une question de forme et d'harmonie. Et puis, c'est passionnant de réaliser la production courante, de la penser fonctionnelle et esthétique. Je suis doué pour résoudre les problèmes techniques, et développer de nouvelles méthodes de travail. Je serai plus amené à réaliser les séries d'objets fonctionnels. Mais à moyen terme, je souhaite que l'on puisse s'associer à des architectes et réaliser de grandes installations, ou à des designers pour produire leurs prototypes, et développer de nouveaux modèles."
Fluïd est une société coopérative fondée en 2007 qui réunit quatre personnalités bien trempées autour d'un projet collectif, d'un idéal de vie commun basé sur la complémentarité et l'amitié. Fluïd est installée à Belle-île-en-mer la bien nommée, dans un ancien hangar à bateaux de la Zone Artisanale de Bordilla, commune de Le Palais. Fluïd est originale précisément parce qu'il s'agit d'une part d'une coopérative et d'autre part d'une verrerie. Fluïd c'est une touche d'optimisme, une impulsion constructive, des réflexions pragmatiques et intelligentes pour fabriquer. Fluïd, de solides fondations basées sur la volonté de vivre de son métier, de suivre son désir de création. Fluïd, c'est aussi le choix d'un nom qui fait référence aux propriétés du verre lorsqu'il est chaud, qui évoque le mouvement, le flexible, le dynamique... Ces propriétés dont est doté le verre qui trouve toujours son chemin... Un nom qui se comprend dans plusieurs langues, donne de la modernité et évoque la nouveauté dans le respect de la tradition.
L'aventure de Fluïd débute au Danemark où Stéphanie Dinet, Fabien Barbeau, Pernille Knudsen et Theis Strange se rencontrent et se lient d'amitié. Sur l'île de Bornholm, plus exactement autour de la très fameuse Glas og keramikscolen dont le nom peut se traduire littéralement sans pour autant avoir la connaissance des subtilités de la langue danoise. Cette empreinte danoise est d'ailleurs tout à fait lisible dans le nom donné à la coopérative : Fluïd. Le nom Fluïd est formé à partir du latin fluidus, "qui coule", comme tout le monde pourra l'imaginer, mais la racine se retrouve aussi dans la langue danoise. Fluides sont les modes de vies, leur rencontre, leur amitié, et l'amitié est une condition pour penser, fluides seront donc les rapports, l'entente, la relation à l'activité, plus qu'au "travail". Fluide est leur lien au verre, comme l'évidence. Mais "fluide" c'est aussi la référence à l'océan, à la mer, qui entoure de façon inchangeable, inéluctable, fluide est aussi le verre à l'état visqueux, ductile, malléable, plastique, c'est aussi la langue de la flamme qui oscille, c'est aussi le désir qui les anime. Fluïd est donc le nom parfait qui rend compte de la dimension de l'aventure humaine, de son timbre, de sa texture, de sa tessiture, de sa définition. Mais ils ne le savaient pas encore. C'est après de longues années de formation, d'apprentissage, de bourlingue et des parcours respectifs différents, mais qui se révéleront complémentaires pour la suite, que les protagonistes découvrent mutuellement leur existence. À ce stade, laissons la place à un peu d'intimité pour ne s'occuper que de détails biographiques nécessaires. Stéphanie Dinet et Fabien Barbeau décident de s'y installer après êtres passés par le CERFAV (Centre Européen de Recherche et de Formation aux Arts du Verre de Vannes-le-Châtel), une des uniques écoles de formation en France. Stéphanie veut en effet parfaire sa formation. Pernille Knudsen et Theis Strange, quant à eux, sont déjà sur place. Mais Fabien possède une posture particulière à l'époque. Il n'est plus étudiant, il est déjà passé à l'action, il a déjà monté son propre atelier de vitrail et "loue ses services" ponctuellement pour gagner sa vie lorsqu'il n'est pas avec ses comparses. Des enfants voient le jour. L'école va jouer un grand rôle. Un rôle fédérateur, essentiel. La Glas og keramikscolen présente en effet de nombreux aspects très intéressants. À tout point de vue, nous confient unanimement les membres de l'équipe. Fonctionnement, pédagogie, manière d'appréhender les objets et d'envisager ce que peuvent être leur pertinence.
Très pragmatiquement, parce qu'il y avait la possibilité pour la jeune équipe, encore en train de conceptualiser sa structure, de bénéficier d'un hangar à bateaux d'environ trois cents mètres carrés appartenant aux parents de l'un d'entre eux pour y installer leur verrerie. Est-ce tout ? Non. Ils possèdent, presque tous, l'insularité comme liant. Ainsi, plus qu'un rapport particulier à l'île en général, pour tout ce qu'elle peut représenter du point de vue de sa nature et de ses cultures, c'est l'aspect humain qu'induit cette localisation particulière qui les intéresse, car s'y dégage, selon eux, une solidarité spécifique. Dans le milieu des artisans et artistes Bellilois, Fluïd est comme un poisson dans l'eau.
Grande façade constituée de planches de pin douglas, façon scandinave, ou friche d'une grande capitale période "écolo", simple. Baies vitrées laissant apparaître dès le premier instant et simultanément le show room et l'atelier à chaud, disposés en L. Quelques visiteurs, massés, vous indiquent qu'il y a de l'activité. S'ils travaillent, vous êtes happés, et vous ne visitez les lieux que dans un second temps. L'inverse peut se produire. On oublie l'océan, on va faire une expérience, expérience toujours agréablement reconduite si l'on a déjà assisté au spectacle du soufflage des verriers, ceux là même qui jouent avec cet étonnant matériau que l'on modèle avec le feu, et qui semblent avec une grande aisance en maîtriser tous les secrets. Mais vous n'êtes pas à Murano. Le show-room, quant à lui, indispensable, dans lequel sont présentées toutes leurs productions, depuis l'objet utilitaire aux sculptures, est aménagé avec grand soin. Les associations de couleurs et de formes, du sol aux présentoirs sont réfléchies, allons jusqu'à dire sophistiquées, en fonction d'un style très "contemporain", mais non parfaitement homogène, à l'image de l'équipe, bien qu'un design assez "nordique" opère. Cet espace d'exposition et de vente est indissociable de la verrerie pour laquelle rien n'est laissé au hasard : les enjeux sont trop importants et les engagements nombreux pour accéder à l'indépendance complète. Mais tout n'est pas là ! Dans l'atelier à chaud, des machines et des personnes. Tout y est. Le four électrique, où l'on cueille le verre, rien moins que le Moly Furnace de Stadelman, considéré comme l'un des meilleurs du moment et dont il n'existe que peu d'exemplaires en Europe. Le four de chauffe pour maintenir la chaleur nécessaire au travail du verre et le four de recuisson pour mener progressivement les pièces à la température ambiante sans choc thermique violent. Les cannes de différentes tailles, les sceaux, les torchons, les plans, tous les instruments appropriés aux formes quelque fois étranges, le banc du verrier, typique du Danemark où le souffleur s'assoie et joue avec la gravité en roulant inlassablement sa canne, où il ouvre, étire, étend, arrondi, allonge, coupe, cisèle, agrémente d'autres éléments l'objet qui prend forme. Sans oublier le marbre, cette plaque de métal ultra lisse où l'on voit le souffleur ou celui qui l'assiste procéder à diverses manipulations savantes. Mais le décor est aussi constitué d'un boîtier électrique littéralement énorme et jonché de boutons, de diodes, d'écrans de contrôles analogiques et de câbles, qui nous suggère l'énergie sur laquelle repose une telle activité. On y trouve, enfin, des étagères surchargées de poudres, d'oxydes, de morceaux de verre de différentes couleurs : tous les ingrédients, les épices, les condiments sont réunis et méticuleusement préparés pour cette cuisine si souvent dite démiurgique. À ce stade, toute magie est à l'œuvre et tout peut être dit sur leur gesticulation, leur chorégraphie, la beauté des gestes, et d'un certain rapport au savoir-faire et au métier. Le show-room, quant à lui, indispensable, dans lequel sont présentées toutes leurs productions, depuis l'objet utilitaire aux sculptures, est aménagé avec grand soin. Les associations de couleurs et de formes, du sol aux présentoirs sont réfléchies, allons jusqu'à dire sophistiquées, en fonction d'un style très "contemporain", mais non parfaitement homogène, à l'image de l'équipe, bien qu'un design assez "nordique" opère. Cet espace d'exposition et de vente est indissociable de la verrerie pour laquelle rien n'est laissé au hasard : les enjeux sont trop importants et les engagements nombreux pour accéder à l'indépendance complète. Mais tout n'est pas là ! Cette première image relativement idyllique de la verrerie s'arrêtant à la description d'un atelier à chaud de haute technologie et de son show-room rutilant attenant pourrait masquer la réalité de l'entreprise que l'équipe de Fluïd a voulu mettre en place : un espace dans lequel seraient réunis tous les moyens de productions nécessaires à leur projet d'autonomie, couvrant toutes les étapes, ou presque, de leurs créations, outils de communication comprise, afin d'éviter au maximum, pour des raisons multiples, tant géographiques que politiques, la sous-traitance. Ce n'étaient jusqu'à présent en effet que les peaux et les voiles apparents, la surface. Mais il s'agit de laisser son regard pénétrer les petites ouvertures pour supposer un système beaucoup plus complexe étendu sur plus de 300 mètres carrés répartis en deux étages d'ateliers, de réserves, de circulations, de lieux de vie et de réunion, qu'ils vous feront visiter avec plaisir, bien entendu, si le cœur vous en dit !
Fluïd Zone Artisanale - Bordilla 56360 Le Palais Tél. : 02 97 31 29 01 E-mail : fluidcreationverre@me.com